La fin des financements VAE destinés aux demandeurs d'emploi
France Travail a mis un terme, depuis le 8 mai, au financement des VAE destinées aux demandeurs d’emploi. Une décision qui peut sonner comme une mesure d'austérité, qui est pourtant un « simple transfert de fonds », selon l'opérateur.
Un changement dans les financements France Travail pourtant passé inaperçu. Depuis le 8 mai 2026, l’ex-Pôle emploi a supprimé son aide au financement de la validation des acquis de l’expérience (VAE), comme l’a repéré le média parlementaire Projet Arcadie. Pour rappel, ce dispositif permet à toute personne, quels que soient son âge, son statut ou son niveau de formation, de faire reconnaître les compétences acquises au cours de son parcours professionnel ou personnel, et d’obtenir tout ou partie d’une certification.
De quoi constituer un atout non négligeable ! Pour les salariés d’abord, puisque la VAE permet de transformer des années d’expérience en diplôme tangible, avec à la clé une promotion, un changement de poste… Voire un salaire plus élevé lorsque la certification ouvre droit à une meilleure classification ! Mais surtout, les demandeurs d’emploi peuvent, VAE en poche, crédibiliser leur parcours, rassurer les recruteurs et donc obtenir plus facilement à des jobs jusqu’ici difficilement accessibles.
1 180 demandeurs d'emploi accompagnés en VAE par France Travail
Or, depuis le 1er mai, ce sont précisément eux — les demandeurs d'emploi — qui ne peuvent plus se tourner directement vers l'opérateur public pour financer leur VAE. Une suppression qui ressemble à première vue à une mesure d'austérité. Il faut dire que le budget 2026 prévoit déjà la suppression de 515 postes chez l'ex-Pôle emploi. Avec 880 000 euros alloués à 1 180 bénéficiaires en 2025, l'arrêt des aides directes à la VAE vise-t-il réellement à renflouer les caisses de l'organisme ?
Pas forcément, selon France Travail. Et pour cause, depuis le 1er août 2025, le Compte Personnel de Formation (CPF) permet de financer n'importe quel parcours VAE, matérialisant l'unification des démarches voulue par la loi de décembre 2022 sur la plateforme France VAE. Mais si le crédit CPF du bénéficiaire ne suffit pas, France Travail peut intervenir pour compléter le prix de la formation, ce que l'on appelle un abondement.
C'est précisément ce mécanisme d'abondement qui devient donc la nouvelle règle pour les demandeurs d'emploi. Ainsi, Constatant que les demandes d'aide directe s'effondraient au profit du CPF (9 300 parcours financés par CPF en 2025, contre seulement 1 180 d'aides directes de France Travail), l'opérateur a tranché : depuis le 8 mai 2026, l'organisme ne finance plus la VAE que par l'abondement. « Cette décision vise à simplifier le financement des VAE en utilisant un seul canal, ainsi qu'à éviter les doublons », résume l'établissement, qui a consacré un million d'euros à ces cofinancements CPF en 2025.
Mais cette simplification n'est pas le seul changement de taille. La loi de décembre 2022 prévoit aussi d'élargir l'accès à la VAE elle-même : fini l'obligation d'avoir travaillé au moins un an dans le domaine pour candidater. Ce qui compte désormais, c'est surtout que le parcours du bénéficiaire corresponde au diplôme visé. Mieux encore : aidants familiaux, bénévoles, stagiaires — jusqu'ici exclus du dispositif — peuvent désormais certifier leurs compétences. Reste à voir si cette ouverture permettra d'atteindre l'objectif fixé par le gouvernement : atteindre les 100 000 parcours initiés d'ici à la fin d'année prochaine.
Veille Challenges.fr | Article de Charlotte Rousset • 27/05/2026
Publié le 29 juin 2026